Nous sommes en 1973, fin Mars pour être precis. Après une presence militaire d'environ dix ans, les Etats-Unis lèvent le camp et quittent le Viêt Nam, definitivement. Les pales des derniers helicopteres flanqués d'une etoile blanche font fremir une derniere fois les herbes à elephants, les blindés d'Uncle Sam rembarquent, ses soldats rentrent chez eux et les rizieres de Cochinchine ne sont pas encore lavées du sang américain que les combats continuent en se figeants dans une guerre civile et fratricide.
Aujourd'hui, que reste t-il du colonialisme Français et de l'Imperialisme Américain en ex-Indochine ? Pas grand chose. Il ne reste qu'une poignée de malheureux dont les idées ne concordent pas avec le systeme en place, ce qui est leur seule infortune.
On l'ignore souvent. Parce que le principe d'un Etat despotique est de fermer ses frontieres afin de preserver son "intimité" et de pouvoir par là se compromettre sans risquer sa place et sa legalité aux yeux de la communauté Internationale. Mais, même à huis clos, tout fini toujours par sortir de l'ombre. La verité seule, eclate aux yeux du monde, redant coupable, par ce fait, tous ceux qui tentent de l'ignorer ou de detourner les yeux.
Cette verité la voici : Au Laos (ancienne province de l'Indochine Française), une poignée d'hommes et de femmes, les rescapés des combats qu'ils avaient menés au côté des Français puis des Américains, se terrent dans la jungle, mangeant des racines et des insectes depuis plus de 30 ans. Ils sont traqués quotidiennement par les milices et l'armée, n'ont pour armes que de vetustes carabines. Ils vivent avec la peur. La peur de ne pas être encore en vie demain. La peur de n'avoir pas à manger pour la semaine qui vient. La peur de perde un être cher ou de le voir mutilé à vie et bien d'autres sentiments que nous Français et Occidentaux avons du mal à saisir.
Les enfants apprennent à manier une arme (quand ils en ont) au lieu d'apprendre à compter et à lire. Ils connaissent le froid, la faim, la peur, mais n'ont jamais entendu parler du cache-cache, de la corde à sauter et de l'ordinateur. Ils savent ce que sont la mort et le sang et n'ont jamais su ce qu'etait la Paix.
Ils sont laissés à leur triste sort et les anciens combattants ne sont pas les seuls punis puisque leurs enfants et petits enfants sont massacrés aussi impitoyablement qu'eux. "Ils tirent sur tout ce qui est plus gros qu'un poing" temoigne le pere d'un enfant assassiné par les soldats Laotiens à l'un des quelques journalistes Français qui sont parvenus jusqu'à eux en 30 ans.
Riez oncle Hô, riez... riez donc du malheur engendré par vos sbires camouflés sous de pompeuses notions de liberté et d'independance nationale. Au fond, que saviez vous reellement de la Justice ? Des boniments ! Comment peut-on se pretendre communiste et bafouer les libertés individuelles alors que la révolution est terminée depuis un certain moment ? Certes, on ne fais pas d'omelette sans casser d'oeufs, mais aujourd'hui, c'est à se demander le nombre d'invité à votre table Monsieur Hô Chi Minh... l'omelette et le nombre de victimes semble être assez consequent...
Riez aussi Américains et Français, vous qui avez abandonnés ces infortunés ! Dormez bien sur vos deux oreilles, eux crevent. Ralez parce que l'essence et la nourriture sont trop cheres, eux n'ont rien à manger. Continuez à faire la fète, oubliez les. Bronzez sur la plage pour satisfaire les simples envies de votre corps egoïste, ne faites pas attention à eux. Continuez à mener votre vie oisive et conservez votre egocentrisme... au fond, ils n'en valent peut être pas la peine. Mais dites vous bien que si ces gens sont dans la merde, c'est parce que nous avons été trop legers pour penser à demain ou à autrui. Les deux d'ailleurs.
Sauvons les Hmong, il est tard, mais encore temps !